ARTICLES 2015                                                                                        Voir tous les articles de presse

 

Des jumeaux sont nés « ratés ». C’est-à-dire laids, pas présentables, dérangeants, avec une tête de rat. En compagnie de leur père qui les tient dans ses bras, les écoute et les rassure, ils se racontent. Pas facile, leur vie. Vraiment pas facile. On cache ces humains avec une faciès de rongeur, on leur met des capuches, on les fait travailler à des heures où ils ne sont pas vus par la foule, on les met sans cesse sur la touche. Damnés de la terre, ils souffrent, ils ont besoin d’amour. Cela pourrait mal finir. Oui, ça pourrait mal finir…
Le spectacle de la compagnie Roquetta est, depuis quelques années, un succès. Il a fait un triomphe deux années de suite au off d’Avignon, il a beaucoup tourné à travers la France. Il n’avait été présenté que brièvement à Paris. Le voilà au Lucernaire, pour une vraie série de représentations. Il a changé. L’un des créateurs, Jean-Paul Vigier, n’est malheureusement plus de ce monde. La troupe a repris et repensé sa traduction de l’œuvre de Natacha de Pontcharra – l’un des textes les plus forts de cet auteur important. La mise en scène de Fanny Malterre place les trois protagonistes sur trois tabourets, dont ils ne s’échappent guère. Elle les isole du monde, tels que sont les miséreux de nos sociétés, repoussés par ceux qui vivent sans problèmes et blottis l’un contre l’autre. Elle les saisit dans leur vérité, burlesques dans notre regard, bouleversants dans notre âme. Jean-Yves Duparc incarne le père dans la bienveillance et une joie continue. C’est très juste, cette mise en lumière de la bonté aveugle : le père ne verra jamais le tragique ni la tragédie. Jean-Christophe Allais est l’un des ratés : il est l’enfance, l’innocence dans le bien et dans le mal. Formidablement attachant. A l’opposé, Rainer Sievert, qui joue l’autre raté, développe l’ambiguïté, crée avec finesse un personnage inquiétant, capable de donner de l’amour et d’en recevoir, mais aux frontières de l’animalité. Ces trois personnalités composent un trio subtilement dissemblable et admirablement harmonieux. Dans la délicate direction de Fanny Malterre, ils donnent un moment de théâtre exceptionnel, fascinant comme un tableau de Francis Bacon. Foudroyant même.

 

Gilles Costaz, février 2015, Web Théâtre

 

 

 

"Les Ratés", les jumeaux Jef et Jeffie, sont "faits comme des rats" et pour eux l'expression courante doit également être entendue au sens premier des termes.En effet, ils sont inéluctablement piégés, dès leur naissance, par la fatalité génétique leur assignant un destin tragique en ce qu'elle induit, dans un monde cruel et paradoxal fortement attaché à la norme alors même qu'est prôné le droit à la différence, la fatalité sociale de l'exclusion par la marginalisation.Car, suite à un accident génétique, qui résulte non d'une mutation aberrante mais de la résurgence d'une tare familiale introduite par un arrière-grand père, ils sont de petits hommes à têtes de rat. Alors comment vivre - survivre - à l'extérieur du monde avec toute cette souffrance accumulée et pour seul soutien un père résigné ?Conte fantastique et fable sociale ordonnée autour de la symbolique du rat et se situant à la croisée des genres entre Brecht, Kafka, Copi et Bohumil Hrabal, la structure dramaturgique de l'atypique et singulière partition de Natacha de Pontcharra se déploie à partir d'une écriture ciselée qui restitue la parole de ces hommes simples, au vocabulaire pauvre et à la syntaxe approximative, les mots des pauvres gens comme chantait Léo Ferré, qui traduisent une pensée formelle mal structurée. lire la suite

MM, février 2015, Froggy's delight

 

 

 

Naître différent, être bizarre, mal fichu, vivre à rebours du reste du monde, bref, être un raté… Le texte de Natacha de Pontcharra s’attache à deux frères nés avec « des têtes de rats », qui se heurtent à un monde trop grand pour eux. Cette mise en scène se base sur le récit des frères et de leur père, et tend vers le conte, la fable. Les comédiens, assis sur des tabourets, sont au plus près du public, jouent avec un côté choral, mais aussi photo de famille. Le public a le temps de s’attacher aux visages, aux voix, d’écouter un texte tout en nuances de langue, et plein de jeux de mots. Les personnages revivent des instants de leur vie, avec une tendresse douce-amère, autant dans le jeu que dans le texte. Véritable tragédie comique, on rit de ces portraits, en même temps qu’on se laisse gagner par une tristesse infinie pour ces personnages, un peu perdus dans cette fatalité sociale. lire la suite

Victoria Fourel, le 8 Février 2015, Un fauteuil Pour l'Orchestre

 

 

 

Il s’agit à l’origine d’une pièce de commande qui a été représenté devant un public de personnes handicapées lesquelles ont réagi très vivement aux témoignages de  deux jumeaux à têtes de rat et de leur père. Comment s’intègrent-elles les personnes handicapées dans notre société ? Quelle est donc leur place ? L’intérêt de la pièce de Natacha de PONTCHARRA, c’est qu’elle soulève cette réalité de taille, à savoir l’impossibilité pour des personnes qui ne répondent pas à la norme d’exister sur le même plan que les autres, celles qui ne présentent pas de particularité majeure, particularité : néant, est-il souligné sur leur carte d’identité. Ils existent donc ces laissés-pour- compte de notre société organisée pour les gens « normaux », ceux qui rejoignent le rang comme des fourmis, ne font pas d’histoires. Le marginal, c’est souvent l’autre, celui qu’on regarde un peu de côté avec une légère grimace d’agacement,  l’insupportable gusse, l’imbécile,   qui bouche votre passage dans un couloir de métro et ralentit votre course.  lire la suite

Evelyne Trân,  le 7 Février 2015, Just another Blog.lemonde.fr

 

 

"Au temps très jadis, il y eut des faces-de-rats chez les aïeux Bordurier-Duchaussoy…Et voici Jef et Jeffy, deux têtes de rats d’un coup, et les poils, et l’horreur avec eux. Des rats trop grands, des hommes trop petits, bref qui ne font pas partie des gens du tout. Tarés, mais pas idiots, pas dupes des regards en coin malgré les capuches, malgré l’attachement bourru des parents. L’accident génétique ne résout pas l’horreur quotidienne, le ballon crevé et les vélos chapardés, les remplaçants collés au banc de touche, le désert des amis. Alors on devient les rois du latex, les illusionnistes du masque. On collectionne les pin-up et les photos un peu floues. Mais il y a toujours le poil, poil à gratter pour refusés de partout, pire que les habituels ostracisés. Voilà Jef et Jeffy en verduriers de grande surface, mais dehors, toujours. La catastrophe s’annonce dans un inénarrable commentaire « footbalistique ». Parce qu’on a beau être des tarés, des ratés, comment accepter sans réagir l’injustice des petits chefs ? Un coup de gueule c’est vite parti… avec la blouse kaki, et la peau qui collait si bien. Et les voilà définitivement enfermés, à l’extérieur, toujours. Est-ce une fable, grinçante et burlesque ? Certes. A-t-on envie de pleurer, decompatir ? Peut-être. En rira-t-on ? Oui, en demi-teinte. Mais avec la jubilation du jongleur de mots et d’à-peu-près, et ce vertige du funambule qui échappe au désespoir et à la sensiblerie. Un père, deux fils, trois tabourets, et surtout le silence qui étire sa plénitude aux limites d’une violence insoutenable. Et la tendresse de trois grands serviteurs d’un théâtre sans concession. Beau, vraiment."

A.D., Le 5 février 2015, Spectacles Séléction

 

 

 

ARTICLES PLUS ANCIENS

 

 

 

"Le spectacle qu'a conçu Fanny Malterre est splendide. C’est d’une beauté nouvelle, plus violente que la
violence".

 

Gilles Costaz le 8 avril 2012 Le Masque et la Plume
 

 

 

"Un langage limpide, terrifiant, désespéré et terriblement drôle, comme peut l’être parfois Beckett ; ça tape
fort et juste sur un mode d’écriture extrêmement personnel".

 

Corinne Denailles, le 5 avril 2012, ruedutheatre.eu

 

 

 

"Trois comédiens merveilleux dirigés avec précision et intelligence par Fanny Malterre, qui tire le meilleur
du texte de Natacha de Pontcharra en parvenant à donner tendresse et poésie à un sujet cruel. "Les Ratés"
est un spectacle rare, fin qui laisse incontestablement une trace".

 

Nicolas Arnstam, le 30 mars 2012, froggydelight

 

 

 

"Les ratés, une réussite ! Trois comédiens font vivre avec humour une fable grinçante sur la différence".
 

Fabrice Littamé, le 17 juin 2011, Reims, L'union

 

 


"La juste place des Ratés ! Une pièce pleine d'émotion, parfois austère et dérangeante, qui emmène le
spectateur dans la spirale infernale de la vie de ces « ratés »!"

 

Alexandra Thézan, le 16 juillet 2012, La Provence

 

 

 

"C’est une comédie grinçante sur la différence, le déterminisme, non dénuée pourtant d’humour et de
poésie, qui ne peut laisser indifférent, porté par trois excellents comédiens".

 

Cathy de Toledo, le 22 juillet 2012, vivant mag